A la recherche du char perdu

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A la recherche du char perdu

Message par Fizzwidjet70 le Mar 22 Sep - 22:54

Prélude



     Je m'appelle Timo Lippert, ancien soldat de Wehrmacht durant la Seconde Guerre Mondiale et chef de char du PanzerKampfWagen VI Tiger E. Vous vous demandez certainement pourquoi un vétéran de l'ancien régime nazi du Reich tiendrait un journal. Tout simplement parce que je dois extérioriser mes souvenirs ainsi que mes actions. Contrairement à ce que les puristes pourraient penser, nous autres, soldats de la Wehrmacht n'étions pas tous des tueurs sanguinaires voulant purger l'Europe voire le monde des Juifs. Certains l'étaient, mais ce n'est pas mon cas. J'ai toujours été contre les idées du Fürher mais si je désobéissais, j'allais très probablement mourir comme un chien dans les rues gelées d'hiver des pays du Nord. "Vous auriez pu vous rebeller et combattre fièrement la mort au lieu de massacrer des innocents !" me direz-vous. Oui, vous avez raison et je l'aurais certainement fait si je n'avais eu pas derrière moi ma femme et mes enfants. J'ai ôté la vie de centaines de pères tout comme moi, mais je n'avais pas le choix...
     Après la guerre, l'équipage du Tigre se dispersa à travers toute l'Allemagne en ruine et encore sous l'oppression des Alliés. Les Yankees, Rosbeef et Français d'un côté dans l'Ouest et les Rousskov à l'Est. Le pays était divisé en deux parties et un nouveau conflit débutait alors que des milliers de familles allemandes vivaient avec des tickets de rationnement. Nous n'avions plus rien, ni gouvernement, ni armée... Nous n'étions plus que des pantins, des jouets, des meurtriers et des racistes aux yeux du monde. Ce qui n'était pas tout à fait faux, avouons-le. Mais il ne faut jamais oublier que les Allemands n'étaient pas tous de ce bord, moi le premier.
     Bref, je ne vais pas parler de la situation du pays après cette guerre... J'écris pour une tout autre histoire. Comme vous le savez, l'Allemagne était une nation connue durant la guerre pour avoir eu des Panzers (des chars dans votre langue) puissants et craints de tous leurs ennemis. Le Tiger en faisait partie, mais son petit frère qui lui succéda l'était encore bien plus. Si le Tiger n'était pas conçu pour empêcher les tirs de traverser sa coque, mais plus pour faire des dégâts avec son PaK 40, son successeur était bien mieux penser et a rendu la tâche aux Alliés encore plus difficile qu'avant. Si un Tiger pouvait détruire un simple T-34 soviétique ainsi qu'un Sherman américain, vous vous doutez bien que le but du successeur était de détruire un niveau supérieur de char... Comme un M26 Pershing, les nouveaux T-34-85 russes ou leur cousin KV-1...
     C'est alors qu'entra en scène le frère légendaire de la légende elle-même. Si le Tiger E était une légende vivante grâce à des collègues tombés aux combats contre un Sherman Firefly, le PanzerKampfWagen VII Tiger II l'était certainement plus. Piloté uniquement par les élites allemandes, ce monstre d'acier fut également appelé KönigTiger ou le Roi des Tigres de par son blindage résistant et sa puissance meurtrière pouvant pénétrer tout et n'importe quoi. C'est de ce char que mon journal va parler.
Jour 1 :

     Je vivais dans un quartier détruit de Berlin, la plupart des maisons voisines n'étaient plus que des tas de gravats et de cendres, mais cela ne perturbait pas notre rythme de vie, à ma famille et moi. Parfois, des passants circulaient dans la rue et des services publics déblayaient les décombres pour rendre l'endroit plus vivable et attrayant. Quelle chose ironique quand on y pense...
     Je ne pouvais m'empêcher de penser aux horreurs que j'ai pu faire par le passé. Il n'était pas simple d'oublier le visage des soldats fuyant le combat face à un Tiger. Ce sont dans des moments comme ceux-là que l'on se sent fort et puissant, mais à quel prix ? Quelle était l'utilité de se sentir ainsi ? A mon sens, plus aucun. Parfois, l'adrénaline peut faire des merveilles sur l'esprit et le corps humain.
     Je me sentais nostalgique de ne plus être au commande de mon char. Non pas que j'aimais semer la terreur, mais j'appréciais être à l'intérieur et diriger mon équipage. Nous étions comme des frères liés par une seule ambition : survivre et finir cette guerre. Désormais, nous sommes tous les cinq dispersés à travers toute l'Allemagne et je n'ai plus aucune nouvelle d'eux. Comme je voulais savoir comment ils allaient, j'ai décidé de leur écrire une lettre à chacun d'eux, en leur demandant de se rendre à Berlin. J'avais un projet fou à leur proposer et je savais qu'ils n'auraient pas refusé. Nous avons tous eu les mêmes ambitions un jour et je pensais ce que j'allais leur proposer allait leur plaire.
Jour 2

     Il pleuvait ce jour-là. J'avais écrit mes lettres à tous mes anciens collègues, je n'avais plus qu'à attendre leur arrivée. Je devais leur parler de mon projet. Il était peut-être insensé aux yeux de la plèbe, mais pour moi, ça ne l'était pas. J'étais obsessionné par cette idée. Je savais pertinament que j'allais avoir du mal à le rendre réalisable, mais au fond de moi, je le désirais plus que tout. Mon âme me l'ordonnait et me dictait mes convictions. Je devais le faire. Mais je devais aussi tout garder secret jusqu'à l'arrivée de mes vieux amis. Il n'aurait fallu tout de même pas que ma compagne le susses. Elle allait trop s'inquiéter.
Jour 3 :


     Les travaux dehors continuaient. Je regardais par la fenêtre la population qui travaillait sans relâche pour déblayer les rues des décombres. J'en avais assez d'attendre. Je devais commencer mes propres recherches pour mon projet. Sans plus attendre, je pris mon manteau brun accroché à un porte-manteaux dans le vestibule ainsi qu'un parapluie et sortit. La pluie n'avait pas cessé depuis hier et les rues devenaient boueuses par endroit et les cratères d'obus transformaient les routes en gruyère, les trous remplis d'eau sale. J'avais atteint la porte de Brandebourg. Ce magnifique monument, emblème de Berlin, n'était plus d'un tas de ruine. Les vainqueurs de la guerre avaient pris possession de la ville et dirigeaient toutes les opérations. Je ne leur en voulais pas... Nous avons fait bien pire après tout.
     Arrivé à la bibliothèque, je réussis à trouver des archives à propos de mon projet et j'en faisais des copies pour mon domicile et mes anciens amis. J'espérais pouvoir les convaincre avec mes arguments. Si tout se passait bien, ils seraient arrivés le lendemain. Je n'avais plus qu'à attendre. En sortant du bâtiment, des Yankees me demandait de ne pas rester en plein milieu des travaux pour ne pas gêner leur avancée. Ils ne savaient pas que j'étais un ancien soldat et ce n'était pas plus mal. J'aurais pu finir en prison ou pire encore... Je me suis dirigé à mon domicile sans me faire remarquer ni me faire suivre. Même si je n'avais rien à craindre quant à mon identité militaire, je n'étais pas serein et je ne tenais pas à mettre ma famille en danger. C'est grâce à elle que j'ai pu tenir bon face à ces années d'horreurs.
Jour 4


Alors que la pluie frappait les vitres de ma chambre, je me levai en m'habillant. Je descendis les escaliers de la maison pour me diriger dans la cuisine où ma compagne avait préparé le maigre petit déjeuner quotidien. Les informations à la radio étaient grésillantes, il était difficile de capter les ondes dans la ville en ruine. On frappa à la porte et j'allai ouvrir. Des hommes en imper noirs avec des parapluies de la même couleur se trouvaient devant ma porte d'entrée. C'étaient mes anciens collègues que j'avais demandé de venir. Je les fis entrer avec empressement et enthousiasme alors que ma femme débarrassait la table. Nous nous enfermâmes dans mon bureau. Je leur donnais des précisions sur mon formidable projet. Ils étaient sceptiques et n'adhéraient pas vraiment à mes idées. Cependant, après plusieurs heures de discussions et de réflexions, ils finirent par accepter. En commun accord, nous décidâmes de fêter le projet avant de se lancer à partir du lendemain.

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En Russie, devenir pilote de char n'est pas un honneur, mais une punition.
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